"Continuez, continuez, Tout est en avant !"

 

 

Je n'aime pas beaucoup les religions.

J'ai une incompatibilité totale avec les dogmes.

Mais parfois on rencontre des êtres empreint de vraie religion, celle qui relie au lieu de séparer, des êtres qui éclairent par leur compassion qui sont simplement justes et bons.

 Florin était de ceux là.


 

"Ce Dieu que j'adore en souriant"
Florin Callerand
17 juillet 1917 - 23 Mars 1998

" Quand on voit on aime ! Plus on aime on voit !"
Florin Callerand
17 juillet 1917 - 23 Mars 1998

"Quelques lignes qui évoquent Florin dans Jeunesses volées"

"Avec beaucoup de poésie, il nous donnait une vision du monde et des Ecritures à l’opposé des messages transmis par les Eglises de tout bord. Paraboles là ou les catéchismes affirmaient en vérités, il interpellait régulièrement les religieux dans l’assistance, lesquels se voyaient profiter d’une retraite moins douce qu’ils l’espéraient. Se moquant d’un certain dogmatisme qui prônait pour vérité absolue la mer qui s’ouvrait ou les Tables de la Loi gravées par le doigt de Dieu. Plus le temps passait, plus il me plaisait, et la poésie dont il entrecoupait son discours me faisait fondre.

Cet être était un aimant. Je me laissais prendre après deux ou trois jours de résistance. Emporté par son enthousiasme, l’amour qui émanait de lui, le chant de ses mots, la joie et l’espérance qui renaissait. J’arrivais même à saisir les mains tendues dans une chaîne d’union improvisée dans le temple et à sourire à ces frères humains inconnus à mes côtés." 

Qui était Florin ( extrait de sa biographie sur le site de la communauté de la Roche d'Or de Besançon )

Né le 17 juillet à Maîche, dans le Haut Doubs, Florin CALLERAND y passe toute son enfance. Son père meurt alors qu'il n'a que 18 mois. En 1928, il entre au petit séminaire de Maîche, puis poursuivra ses études à Faverney, et enfin, au grand séminaire de Besançon en 1936.

En 1939 survient la deuxième guerre mondiale. Le 18 mai 1940, Florin est fait prisonnier et emmené au camp de Wustrau, près de Berlin : cinq ans de captivité qui seront une expérience fondamentale pour toute sa vie, dans laquelle il apprendra "la liberté derrière les barbelés". C'est là, auprès des prisonniers, que naît sa vocation d'évangéliste.

Libéré le 11 juin 1945, Florin est ordonné prêtre le 21 décembre 1946 par Mgr DUBOURG archevêque de Besançon et devient son secrétaire particulier. En mars 1950, Mgr DUBOURG le nomme à la maison de retraite diocésaine, à Gouille, en banlieue de Besançon, et le charge de la formation des prêtres et des laïcs.

Mgr DUBOURG reconnaît une verve de liberté chez Florin CALLERAND, son secrétaire. C'est pourquoi il l'envoie, à partir des années 50, à Châteauneuf de Galaure pour y accueillir l'intuition alors si neuve des Foyers de Charité, afin de l'ensemencer dans son diocèse. Sa rencontre avec Marthe ROBIN fut décisive.

Quelques jours avant de mourir, Marthe Robin dira à quelqu'un qui lui demandait conseil à son sujet : "Avec le père CALLERAND, vous ne piétinerez jamais !" De fait, il ne s'est jamais enlisé dans aucune lecture expiationniste ou sacrificielle, et il a porté sur Marthe ROBIN un regard des plus éclairés et aimant. Il n'a pas non plus fait l'économie d'une solitude assez redoutable, propre au prophète qui doit assumer ce qu'il voit avec courage et vérité.

Plus tard, en 1954, sur l'initiative de l'Archevêque, une petite maison de dix pièces est achetée sur le site de La Roche d'Or, dominant le Doubs.

C'est ainsi que commence la grande aventure de La Roche d'Or avec tous les déploiements de l'oeuvre d'évangélisation. La maison s'agrandira d'année en année, au fur et à mesure des besoins de la mission.

En décembre 1997, immobilisé par sa maladie, il entre dans une grande sérénité qu'il partage avec ses proches dans une déconcertante simplicité.

Le 23 mars 1998, sa mort révèle au coeur des siens une intensité de présence qui rend palpable la parole qu'il n'a pas cessé de proclamer toute sa vie durant, sur la Résurrection et le mystère de "l'Assomption de Marie, en visitation permanente au coeur des consciences". Cet homme n'a pas menti ! Sa parole s'incarne, elle est crédible.

A la "clairière" de La Roche d'Or, où repose son corps, on peut lire son dernier message : "Continuez, continuez, tout est en avant !"