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21. juil., 2013

Depuis le 7 mars je n’avais pas écrit une ligne sur ce blog.

J’ai bien eu quelques plaintes de lectrices (désolé pour la parité les gars aucun lecteur ne s’est manifesté), mais rien n’y a fait.

Lectrices bien trop gentilles à mon égard car il n’y avait pas de quoi fouetter un chat pour cette interruption, et encore moins un écrivaillon flemmard...

En même temps je n’avais rien signé et c’est pas l’usine ce blog quand même !

Et puis je fais comme je veux, voilà.Sauvage

 

Bon allez, ça va, pardon si j’ai manqué à quelques personnes, mais j’avais des circonstances atténuantes… je réfléchissais.

Vous savez bien chères lectrices que seuls les spécimens de l’espèce féminine savent faire plusieurs choses à la fois. Nous les garçons on ne peut pas.              (tu m’étonnes que je n’ai pas de lecteurs mâles) 

Ainsi comme je réfléchissais, je ne pouvais pas écrire.

 

Mais soyez désormais rassurés, j’ai cessé de penser.

Surtout après le stage que je viens de faire.

Oui au fait, j’ai fait un stage..

(Vous ne pouviez pas savoir puisque je ne vous donnais plus de nouvelles..)

Un stage de Taï-Chi-Do-In-Chi-Gong… (à mes souhaits merci)

C’est un truc trop bien le TCDICG, je vous explique comment ça marche ;

 

Alors que t’étais bien peinard chez toi dans la plus belle ville de France, que la météo avait enfin décidée d’arrêter ses méchancetés de temps pourri et que la mer commençait à être bonne, tu choisissais, avec l’esprit de contradiction qui te caractérises (surtout moi), d’aller à contre-sens.

 

Pour ça, tu prends ta voiture et tu roules vers le nord mais au centre.

Le nord, surtout au centre, est connu pour être plus favorable aux techniques pour aller mieux, car au sud tu vas surtout à la mer avec un verre de rosé, donc bien sur tu vas pas bien (mais tu le sais pas), tu déprimes, tu grossis, t’as les yeux tout bouffis, t’es bourré et plein de coups de soleil.

Bref.. Après 5 heures de virages t’arrives dans le bled de Dieu, enfin là où il s’est assis plutôt. Ca aide encore plus d’aller dans le saint des saints tant qu’à faire, vu que t’es tout pourri de l’intérieur autant aller au bon endroit pour te régénérer, et le saint des saints c’est sain pour toi.

 

Un endroit charmant d’ailleurs, sauf pour ceux qui avaient des velléités de se jeter sous une voiture après 20 heures, car à la Chaise-Dieu après le couvre-feu, il n’y a plus aucune voiture qui passe. SI t’as déjà essayé de te jeter sous les chaussures d’un piéton c’est pas trop facile d’en trépasser, et à vrai dire, les piétons eux non plus ils ne sortent pas le soir à la Chaise Dieu, pas plus de voiture que de pieds, donc les suicidaires passez votre chemin de là ! Tu as compris..?Rougis

 

Parce qu’en fait tout le village se mobilise à ne pas faire trop de bruits pour que les stagiaires du « je-viens-là-pour-aller-mieux » soient pas perturbés par des distractions et puissent se concentrer sur l’objet de leur quête et ne plus penser à rien à part aux exercices de Taï-Chi-Do-In-Chi-Gong-Ouille-ça-va-faire-mal.

Et là, le « Taï-Chi-Do-In-Chi-Gong-à-tes-souhaits » ça attaque tôt.

Réveil 5:30, tu prends ton za-fu (coussin de méditation) et tu pars sur les chemins à 6:00 avec lui et un tapis de sol, pour 20 minutes de marche pour aller chercher loin un près que t’avais tout près mais que le paysan Auvergnas qui n’est pas prêteur n’a pas voulu te refiler, car le seul qu’il a bien voulu te fourguer, c’est un qui est à 2 kilomètres, loin de tout (mais loin de quoi au fait ?), car peut-être que trop près tu pouvais faire peur aux rares touristes qui passeraient par là avec ton coussin à la main, ton tapis et ton air trop dans la lune genre secte de ceux qui vont pas encore bien mais s’apprêtent à aller mieux. (Ami lecteur si tu croises des humains avec ces accessoires n’aies pas peur tu n’as rien à craindre).

 

Reprenons. Bon tu marches, tu marches, (essayez donc de marcher à l’aube avec un gros coussin, un tapis, et pas de petit déjeuner, vous verrez comme c’est mieux le rosé et la plage) et là enfin t’arrives au près prêté, (celui d’où on te jettera pas comme l’année dernière avec fusil et gros chien pour une ambiance campagnarde peu en adéquation avec le but recherché).

Evidemment, comme c’est cadeau, on t’as refilé le près bien pentu, et toi tu dois te mettre face au soleil levant en descente (c’est important de pas lui tourner le dos au soleil tu pourrais te rendormir), et t’asseoir comme tu peux dans l’herbe humide à souhait, enfin.. t’asseoir, façon de parler, parce que t’es dans une position super inconfortable en lotus ou demi lotus, c’est à dire les jambes toutes mélangées pour que les genoux soient au sol, et alors que t’as envie de hurler de douleur, tu dois fermer ta gueule au dehors et au dedans de toi pour savourer l’instant présent sans penser aux croissants dont tu as humé le parfum en traversant le village, ni aux copains qui ronflent connement à Marseille en rêvant à leur bain de minuit de la veille sans savoir qu’ils vont mal les pauvres.

Petite précision pour les non-initiés, en fait tu fais Za-Zen, et Za -Zen ça veut dire, s’assoir (za) Ici et maintenant (zen). 

Et l’ici et maintenant avec le soleil dans les yeux, les pieds dans l’humide et le corps parsemé d’insectes énervants en tout genre, moustiques, mouches, taons, j’en passe et des meilleurs, je peux te dire que c’est pas une posture de sommeil.Ha ha

 

Bon bref, ainsi après 20 à 30 minutes de cette torture morale, qui n’a pour but que de faire déguerpir le maximum de participants au plus vite afin de conserver le montant de leur séjour, tu te lèves et tu fais tout un tas de mouvements qui t’étirent dans tous les sens pour faire travailler un tas de trucs, nerfs, tendons et autres accessoires, qui servent à rien puisque jusque là tu n’en sentais pas l’existence. Par contre après leur réveil tu te dis que t’aurais mieux fait de les laisser dormir avec tes copains. Mais bon ça fait du bien qu’ils disent, alors tu veux les croire et tu t’emploies le plus consciencieusement possible à continuer à les martyriser..Malade

 

 

Arrive enfin le meilleur moment quand le chef sonne l’heure du p’tit déj et qu’il est temps de retourner à la maison… Après 20 minutes de marche retour que tu fais beaucoup plus vite vu que tu es carrément plus motivé par le pain beurré qui t’attend que par le champs aux moustiques que tu laisses, tu arrives enfin au camp.{#smileys123.tonqueout}

 

Ensuite, après la pause, tu recommences à 10 heures, et ainsi de suite jusqu’à la fin de ta journée à l’usine du bien être.

Des tonnes de trucs sympas sont organisés pour occuper les participants, des jeux à tout seul, des jeux à deux, des rondes à tout le monde, des baguettes au bout des doigts les yeux fermés et même le jeu de l’algue frétillante que la décence m’empêche de détailler ici. Tu as compris ?

Je vais pas non plus tout vous raconter en détails…

Et puis ce n’est pas parce que je n’ai rien écrit depuis 4 mois, que je vais vous faire un roman de stage. 

 

Mais à part ces bêtises, je voudrais partager avec vous mes chers amis, fidèles lecteurs que j’aime autant que vous me vénérez Clin d'oil, le bonheur réel qu’à été en réalité cette semaine avec mon petit groupe.

J’ai ravivé cette sensation déjà éprouvée parfois dans le passé des bienfaits d’une vie communautaire fondée sur la simplicité et la sincérité des sentiments, bien éloignée de nos quotidiens sociaux habituels où nous jouons tout un tas de rôles épuisants et angoissants.

Là bas, dans ce havre de paix au cœur de l’Auvergne, dans cette rassurante maison de pierre qui transpire les qualités humaines de ceux qui la font vivre, tout n’a été qu’harmonie, paix et beauté.

Se retrouvant là, avec comme seul but d’apaiser ses tensions, une grande part de nos ego étant restée avec nos valises à la maison, j’ai pu éprouver comment l’harmonie peut-être une réalité bien vivante.  Si proche dans ces choses vraies et simples si nous nous donnons la joie de les pratiquer.

Egoïstement nous n’imaginions venir seulement s’occuper de nous, et pourtant par cette démarche vers soi nous nous ouvrons à notre cœur et au cœur des autres.

Concentré dans les postures, avec un laisser aller volontaire, notre esprit et notre cœur retrouvent cette indispensable attention à l’autre, au regard sans jugements, aux sentiments proches du véritable « aimer » bien loin des fables qui bercent nos sociétés pragmatiques, avides et vides de sens.

L’expérience que seuls nous ne pouvons rien ou presque, et qu‘ensemble nous pouvons tout ou presque est une réalité bien vivante.

Pourrait-on d'ailleurs imaginer s’initier tout seul ? C’est impossible bien sur, il y faut ce ballet de la vie incessant de Maîtres et de disciples qui reçoivent pour redonner ensuite à leur tour.   

Alors tant pis pour les caustiques, je les laisse sur le bord de la route, en bénissant cette confiance qui m’a mené vers cette pratique et cette humanité qui a composé ce petit groupe sans buts ni profits autre que de continuer à cheminer.

 

Ainsi, si je reprends la parole aujourd’hui après ces 4 mois de silence, c’est surtout pour les remercier, remercier tous mes camarades de randonnée immobile, le plus humblement, lentement et doucement possible, à l’image de ces derniers mouvements de Tai Chi que nous avons réalisé dans l’extrême lenteur.

 

Merci Jean Marc et Shadia de nous avoir guidé dans ces exercices avec tant d’expérience et de bienveillance, merci à Pascal et Bernadette de nous avoir accueilli comme en famille, et merci à Céline, Eric, Sylvie, Celia, Jean Marc, Marielle, Marie Françoise, Agnès, Eric, Bénédicte et Nicolas de m’avoir accompagné si gentiment et amicalement dans ce beau voyage. 

A l’année prochaine n’est-ce pas ?

Je vous embrasse tous.  Amour

 

28. mai, 2013

"Trois ans, déjà ou à peine, depuis cette nuit blanche sous les arbres du Tholonet où je recevais cet amour, ce premier amour, premier grand amour. Cette nuit du 13 juillet où je chuchotais à ton oreille, n’osant pas clamer trop fort, le seul poème que j’avais appris par cœur. Par cœur pour toi.

Nos vies s’étaient croisées six mois avant ce murmure, ce jour où tu vins vers moi au bras de mon meilleur ami Charly. Ton air amusé, ta joie de vivre, ton regard si bleu, si profond, tout m’emportait à mon insu dès cette première rencontre. Six mois que j’étais à tes côtés sans voir ce qui pouvait crever les yeux les plus clos. Six mois à te respirer, à laisser naître cet amour, six mois à colérer de te voir si mal assortie avec mon Charly qui te trompait à la moindre occasion.

Jusqu’à ce soir d’été. À Aix, où vous étiez descendus chez Anne-Marie qui vous avait prêté la maison du chemin de Bibenus.

Ce soir où il te confia à moi pour un week-end, prétextant un rendez-vous de travail sur la Côte, à moi l’ami qui savait qu’il allait vers une autre.

Ce soir où je lui devais de te distraire, ce soir où tout bascula dans la salle voûtée du restaurant grec de la rue des Cordeliers.

Nous parlions, parlions, je t’écoutais, si drôle, si fantasque, si artiste. Cela me prit comme ça, dans la poitrine, infarctus d’amour. Une douleur terrible. L’étreinte si forte, que je ne pouvais plus parler. Plus respirer. Je n’entendais plus tes mots, j’étais dans tes lèvres, dans tes yeux, tu parlais, parlais, je n’entendais plus rien. Pris dans cette bourrasque qui emportait mon cœur. Je conservais figé un sourire mièvre, tu ne te rendais même pas compte de cette tempête qui m’étreignait. Je m’ouvrais enfin à ce que mes yeux ne voulaient pas voir depuis des mois. Me submergeait là cet amour enfermé depuis six mois, si fort que j’ai cru en mourir.

Nous sommes partis ensuite vers Vauvenargues, un bal de village se tenait là bas… Mon cœur battait dans tous les sens…. Ma main sur le pommeau de vitesse effleurait la tienne ou bien ta jambe, j’en sentais la chaleur qui m’appelait si douloureusement, l’amour criait pour m’emporter… Soir d’été, air chaud et doux d’un soir d’été, air chaud et doux qui caresse mes joues frémissantes de l’amour de l’aimée enfin trouvée… Soir d’été… Jusqu’à ce que nous arrivions sur cette allée d’arbres sur la route du Tholonet… Tard…Tard dans la nuit, je ne sais plus quand, ne compte pas le temps qui ne compte plus… Des mots, des mots, enlacés les uns aux autres tentant piteusement d’enlacer l’amour naissant… Je t’avais enfin trouvée mon amour, enfin trouvée… Mais je ne pouvais te le dire encore... Tout en retenue… Je ne pouvais que chuchoter, te chuchoter mes mots au creux de ton oreille, humant au voyage tous tes parfums, sentant au loin, pourtant si proche, ton cou sur lequel je soufflais la brise de mon cœur, effluves des parfums d’une peau enfin trouvée, la nuit s’écoulait, le vent passait doucement dans les arbres, je n’y arrivais pas, arrivais pas à trouver la force de poser un baiser, un seul au moins, sur tes lèvres décidées, ici et maintenant miennes pour l’éternité.

J’ai eu très peur aussi, de toi, de l’autre, même infidèle qui était mon ami, j’étais pris par l’effroi de trahir, de mentir, mais l’amour l’emportait, il était si fort ce premier amour mon amour, je n’étais rien face à lui, il m’emportait, comme m’emportait ton rire, ta force, amazone, toi si belle, si jeune, si fraîche, mon aimée pour toujours…" Extrait de Jeunesses volées

 

27. mai, 2013

"Elle était bleue.

Un bleu cinglant. Pas roi mais presque. En fait un bleu Gordini, couleur choisie par l'ingénieur du même nom qui transforma les Renault en voiture de course pendant les trente glorieuses. Oui c'est ça, bleu Gordini.

Un bleu indiscutablement porté vers l'évasion. C'était ma première voiture, celle que l'on garde en mémoire toute sa vie comme sa première émotion sexuelle. Pas pour rien que les femmes nous rappellent que notre auto, c'est notre étendard.

Avec ma fusée bleue, je me souviens, comme aucun autre voyage, de mon premier départ vers l'Italie, vers Florence la magnifique.

Etouffée par la chaleur mais étincelante de beauté, elle aussi est gravée en bleu dans ma mémoire. Le corps de ma fiancée collé au mien dans la sueur de cette nuit d'août bien trop chaude. A trois heures du matin, croquant une pastèque glacée achetée au marchand ambulant de la Piazza della Republica, on regardait sortir les derniers fêtards du bar-concert Paszkowski en déambulant sous les arcades.

Goût inoubliable de cette pastèque rouge sang dans cette nuit de liberté. Lucio Battisti en boucle dans le lecteur de cassettes, on chantait à tue tête; « Ancora tu, non mi sorprende lo sai ? » Dolce vita de ces années où tout était encore permis, où la gravité était encore presque inconnue."

Extrait de Jeunesses Volées

7. mars, 2013

Ami

Ami.

Trois lettres qui commencent par la première des 26.

Ami, c’est simple, c’est doux, c’est essentiel.

Que serait notre vie sans un ami ?  

Je voudrais ici sans pouvoir nommer tous mes amis, leur dire à quel point je suis rassasié de leur amour, à quel point ils rendent la vie plus belle et comme je les aime. Dans le silence de cette feuille, qui allège la pudeur, je veux leur témoigner mon amour et ma reconnaissance.

 

L’amitié est comme la caresse d’un livre ouvert sur le sable que le vent épèlerait page après page, ou la douceur de la chute d’une feuille d’automne volante se détachant du ciel qu’elle fréquentait à en rougir pour fondre dans la terre avec la même confiance.

 

L’amitié comme l’amour ne connaissent pas la fureur du monde, c’est une main qui touche une épaule, un regard qui se pose au cœur du notre avec bienveillance pour voir plus loin ensemble, une présence patiente et douce qui nous accompagne sur les chemins tortueux de nos existences.

 

J’aime et j’aime la vie, l’amour, l’ami, tout ce qui reste en suspend, nous éclaire et ne finit jamais. 

26. févr., 2013

J’avais un peu délaissé la plume mais je plaide non coupable. En même temps j’ai eu peu de plaintes.

Je m’ennuyais un peu, mon ego, plus au centre de vos préoccupations se ternissait, alors je me suis dit qu’un peu de sel avec un petit séjour à l’auberge hôpital aurait un certain panache.

Comme en plus, ça faisait déjà six mois que je n’y étais plus allé, et que je ne suis pas du genre à te faire un truc d’une banalité désespérante, quelle joie lorsqu’au sortir de l’opération le chirurgien m’annonçait qu’en trente ans de pratique c’était la première fois qu’il opérait pareil truc !

J’en avais les larmes aux yeux de mon originalité...

Ceci étant, je tiens à informer l’au delà, que désormais après ces deux dernières expériences je souhaiterai pour l’année à venir, ne pas dépasser le stade du rhume des foins et encore pas plus d’une fois s’il vous plait merci. Parce que je veux bien faire l’original, mais à force de me répéter dans cet atypisme je me risquerai au conformisme, et vous en savez ma détestation.

Bref, on ne va pas en faire un plat non plus, mais cela me donne l’occasion une fois encore de parler de la médecine et de ses praticiens, docteurs et soignants. Quel métier extraordinaire ! Difficile, car il ne peut se contenter d’être un métier tant il engage l’être entièrement, mais merveilleux, car qu’il y a t-il de plus gratifiant qu’être aux services des souffrants ?

Ici ou là aux infos, on constate de plus en plus d’hôpitaux surchargés, d’urgences complètement dépassées par le nombre et le sous-effectif lié aux contraintes budgétaires. Je peux témoigner de cela, les urgences de certains hôpitaux sont horribles, l’attente disproportionnée, et le stress des soignants aussi palpables que celui des patients.

Lorsqu’on arrive c’est la loterie, il faut bien le reconnaître, parfois, un interne suffisant vous laisse sortir des urgences avec un mauvais diagnostic sans les examens nécessaires,  parfois un médecin extraordinaire vient vous voir plusieurs fois et vous écoute véritablement. Comment faire pour enseigner en fac de médecine cette écoute indispensable des patients qui ressentent mieux que quiconque ce qui leur arrive et qui mériterait plus d’attentions ? Le médecin est trop souvent dans une logique  scientifique et statistique oubliant parfois que cet être humain constitué par le langage face à lui n’est pas seulement un amas d’organes.

 

Ici dans cette auberge Saint Joseph de Marseille, les gens sont vraiment gentils. Médecins, soignants et femmes de service. Parfois extraordinaires, comme cette aide soignante d’une humeur délicieuse que je félicitais pour ce soleil qu’elle menait avec elle illuminant ma chambre, et qui me disait qu’il ne fallait pas se fier aux apparences, qu’elle n’était pas toujours ainsi, qu’elle avait aussi ses problèmes comme les autres, mais qu’elle ne s’accordait aucune autre posture que cette sincère bonne humeur à son travail. « Monsieur, comment pourrait-il en être autrement ici dans ce lieu où les gens souffrent ? »

Merci à toi ma sœur humaine, pour ton humanité qui rachète les autres. Comme pour les justes, où un seul suffit à démontrer que l’humanité n’est pas si mauvaise, une seule humble aide-soignante qui engage sa vie bien au delà de sa tâche souvent ingrate, rachète toutes les aigres.

 

La joie, la vie, continuer toujours et sans relâche jusqu’au dernier souffle, toujours continuer.