26. févr., 2013

A l'auberge hôpital

J’avais un peu délaissé la plume mais je plaide non coupable. En même temps j’ai eu peu de plaintes.

Je m’ennuyais un peu, mon ego, plus au centre de vos préoccupations se ternissait, alors je me suis dit qu’un peu de sel avec un petit séjour à l’auberge hôpital aurait un certain panache.

Comme en plus, ça faisait déjà six mois que je n’y étais plus allé, et que je ne suis pas du genre à te faire un truc d’une banalité désespérante, quelle joie lorsqu’au sortir de l’opération le chirurgien m’annonçait qu’en trente ans de pratique c’était la première fois qu’il opérait pareil truc !

J’en avais les larmes aux yeux de mon originalité...

Ceci étant, je tiens à informer l’au delà, que désormais après ces deux dernières expériences je souhaiterai pour l’année à venir, ne pas dépasser le stade du rhume des foins et encore pas plus d’une fois s’il vous plait merci. Parce que je veux bien faire l’original, mais à force de me répéter dans cet atypisme je me risquerai au conformisme, et vous en savez ma détestation.

Bref, on ne va pas en faire un plat non plus, mais cela me donne l’occasion une fois encore de parler de la médecine et de ses praticiens, docteurs et soignants. Quel métier extraordinaire ! Difficile, car il ne peut se contenter d’être un métier tant il engage l’être entièrement, mais merveilleux, car qu’il y a t-il de plus gratifiant qu’être aux services des souffrants ?

Ici ou là aux infos, on constate de plus en plus d’hôpitaux surchargés, d’urgences complètement dépassées par le nombre et le sous-effectif lié aux contraintes budgétaires. Je peux témoigner de cela, les urgences de certains hôpitaux sont horribles, l’attente disproportionnée, et le stress des soignants aussi palpables que celui des patients.

Lorsqu’on arrive c’est la loterie, il faut bien le reconnaître, parfois, un interne suffisant vous laisse sortir des urgences avec un mauvais diagnostic sans les examens nécessaires,  parfois un médecin extraordinaire vient vous voir plusieurs fois et vous écoute véritablement. Comment faire pour enseigner en fac de médecine cette écoute indispensable des patients qui ressentent mieux que quiconque ce qui leur arrive et qui mériterait plus d’attentions ? Le médecin est trop souvent dans une logique  scientifique et statistique oubliant parfois que cet être humain constitué par le langage face à lui n’est pas seulement un amas d’organes.

 

Ici dans cette auberge Saint Joseph de Marseille, les gens sont vraiment gentils. Médecins, soignants et femmes de service. Parfois extraordinaires, comme cette aide soignante d’une humeur délicieuse que je félicitais pour ce soleil qu’elle menait avec elle illuminant ma chambre, et qui me disait qu’il ne fallait pas se fier aux apparences, qu’elle n’était pas toujours ainsi, qu’elle avait aussi ses problèmes comme les autres, mais qu’elle ne s’accordait aucune autre posture que cette sincère bonne humeur à son travail. « Monsieur, comment pourrait-il en être autrement ici dans ce lieu où les gens souffrent ? »

Merci à toi ma sœur humaine, pour ton humanité qui rachète les autres. Comme pour les justes, où un seul suffit à démontrer que l’humanité n’est pas si mauvaise, une seule humble aide-soignante qui engage sa vie bien au delà de sa tâche souvent ingrate, rachète toutes les aigres.

 

La joie, la vie, continuer toujours et sans relâche jusqu’au dernier souffle, toujours continuer.