6. nov., 2012

L'arcobaleno, l'histoire étrange d'une chanson posthume..

Vous connaissez mon amour pour Lucio Battisti dont je vous ai parlé dans un de mes derniers blogs.

En lisant une biographie sur cet homme magnifique à l’âme si pure, je me disais que les âmes trop belles étaient arrachées au monde plus vite que les autres, un peu comme si trop de pureté ne pouvait s’accommoder longtemps de l’ici bas.

Dans cette biographie, j’apprenais cette histoire étrange survenue à son parolier après sa mort, récit que je voudrais partager avec vous.

Une histoire comme une belle légende que l’auteur G. Salvatore nous livre comme réelle.

Lucio avait composé pendant quinze années jusqu’à sa mort en étroite collaboration avec Mogol qui était son parolier.

Une collaboration qui dépassait de loin leur relation professionnelle, tant leur amitié était sincère et quasi fusionnelle.

Mogol est resté longtemps inconsolable de la perte de son ami emporté  trop jeune par la maladie.

Après la mort de Lucio, une artiste peintre vivant en Espagne, médium occasionnelle, contactait la secrétaire de Mogol, Daniella, pour lui faire part d’une étrange vision qu’elle avait eu concernant Battisti.

Le18 septembre qui suivait l’enterrement de Lucio, alors qu'elle se trouvait dans sa salle de bains, elle avait eu la vision d’un arc en ciel qui partait du miroir et formait un arc jusqu’à un meuble blanc à l’autre bout de la pièce. Au cours de cette apparition elle recevait mentalement la voix de Battisti qui lui disait qu’il voulait une chanson qui porterait le nom d’arc en ciel, qui devait être une chanson simple, dont la mélodie ne devrait être basée sur seulement deux notes.

Elle avait été interloquée par cette vision, mais n’en fit pas cas.

Ce fut seulement lorsqu’elle subit une autre manifestation qu’elle se décidait à prendre contact avec la maison de production de Lucio.

Un jour où elle se promenait en ville, elle entendit de nouveau la voix de Lucio, qui lui demandait d’entrer dans la librairie toute proche  (dont le nom était "Azur"), une fois à l’intérieur de se rapprocher du présentoir juste après l’entrée et de prendre sur l’étagère le premier livre qu’elle trouverait qui porterait le nom « Un autre arc en ciel ».

Il y avait effectivement bien un livre qui portait ce titre. Elle en fut tellement troublée qu’elle se décidait alors à prendre contact avec le bureau du parolier.

La secrétaire de Mogol enregistra cette conversation téléphonique à la demande de la médium et fit part à son patron de cet étrange appel. Mais ce dernier, sceptique convaincu, refusait d’écouter ces élucubrations, il n’en parla jamais à personne et finit par oublier cette étrange histoire qui  ne pouvait qu'être le fait d’une déséquilibrée.

 

Pourtant quelques mois après, dans un article du mensuel "Diners Club", le directeur de cette revue, racontait avoir fait un rêve étrange, où par une nuit de septembre, il disait avoir rêvé de Lucio Battisti, apparu avec le visage de ses vingt ans, et surmonté d'un énorme arc en ciel partant de ses épaules. Dans ce rêve Lucio s’adressait à lui.  Chacune des paroles retranscrite dans l’article, évoquait une conversation intime qui avait eu lieu entre le parolier et le chanteur, dont personne, à part Mogol lui-même, ne pouvait avoir connaissance, échange que Battisti avait eu effectivement quelques années avant de mourir où Lucio évoquait à son parolier son ardent désir d’amour universel et une invitation à fuir les fausses idoles.

Le scepticisme de Mogol commençait sérieusement à vaciller.

 

Peu de temps après,  alors que Mogol se trouvait dans la maison de Celentano, il fit part à ce dernier de cette étrange histoire, évoquant ces deux messages reçus par ces deux personnes qui ne se connaissaient pas.

Très troublé, il finit par dire, qu’il n’écrirait cette chanson, que si le destin lui présentait une mélodie vraiment adaptée. Gianni Bella, compositeur, présent ce jour là chez Celentano, lui remit aussitôt une cassette qui contenait la mélodie d’une chanson, encore sans texte.

Cette mélodie, oscillait justement seulement sur un groupe de deux notes..

Mogol eut l’intuition que c’était la bonne.

A peine parti de chez Celentano, il introduisit la cassette dans le lecteur de sa voiture, et comme au bon vieux temps avec Lucio, il dictait le texte d’un trait à son épouse Roberta qui était à son côté.

En un quart d’heure, sans interruption du début à la fin, surgissait les paroles «d’Arcobaleno ». 

 

Pourtant il y avait un verset, celui qui exprimait l’espoir que l’arc en ciel réussisse à le toucher, qui le laissait perplexe, un peu comme s'il ne l'avait pas écrit lui même..

Au moment même de la création de cette phrase, il se demandait en lui même, « mais d'où me vient cette étrange idée, comment un arc en ciel pourrait-il me toucher ? »

La réponse ne se fit pas attendre, la semaine suivante, alors qu'il quittait Rome pour sa maison d'Ombrie, toujours en voiture avec sa femme Roberta, un événement fut déterminant dans l’aboutissement de cet étrange projet.

Une pluie fine commençait à tomber. C’était une fin d’après midi de printemps, vers six heures du soir, au coucher du soleil.

Sur le côté gauche de la route, se levait un arc en ciel très clair, parallèle à leur trajectoire, puis juste après, un autre qui partait de la droite. On aurait dit que ces arcs en ciel les escortaient. Tout doucement, l’arc en ciel de droite commença à glisser sur l’asphalte jusqu’à aller finir sa trajectoire sur leur voiture, comme un visage de couleurs qui éclaboussait le capot.

Le visage coloré s’arrêtait là, comme en attente, pendant quelques kilomètres. L’effet était hypnotique.

Ce qui restait de son scepticisme s’effondrait totalement.

 

Adriano Celentano choisi comme interprête, ne se sentait pas d’affronter cette chanson.  Il n'arrivait pas à la chanter sans sanglots dans la voix. 

Finalement, une nuit vers trois heures du matin, il sautait brusquement du lit et allait l’enregistrer dans le studio qu’il possédait à son domicile, en une seule prise, pas une de plus, à cause de sa voix brisée par l’émotion.

 

 

Pendant un an, Mogol ne dit rien à personne tant il restait sceptique, perplexe et peut-être aussi, il faut bien le dire, effrayé. Il ne voulait surtout pas que quelqu’un puisse imaginer qu’il serait en train d’inventer un délire pour la promotion de l’album de Celentano. (Cela aurait été inutile, car la chanson, « je ne sais pas parler d’amour » se vendra à plus d’un million d’exemplaires).

Si on lui avait posé la question, il aurait nié farouchement que cette chanson faisait référence à Battisti.

Mais au fond,  pour cette fois comme dans le passé, Mogol n’avait rien fait de plus que ce qu’il avait réalisé avec Battisti de son vivant pendant les quinze années les plus belles de sa vie, lorsqu’il lui composait les paroles de ses chansons; traduire en rimes ce que Battisti lui exprimait.

Surtout, que dans ses textes il y avait toutes les histoires personnelles de Lucio, ses amours, sa vie, et ses paroles n’étaient que la mise en mots de ces mélodies qui jaillissaient de Lucio comme une source, un don.  

Comme la casserole pleine d’or dans les fables qui est cachée sous la terre, et que la légende localise au point où finit la course de l’arc en ciel...

 

Tiré du livre de G.Salvatore, « L’arcobaleno, Storia vera di Lucio Battisti »

 

Paroles "d'Arcobaleno" chantée par Celentano

 

"Io son partito poi così d'improvviso
che non ho avuto il tempo di salutare
istante breve ma ancora più breve
se c'è una luce che trafigge il tuo cuore
L'arcobaleno è il mio messaggio d'amore
può darsi un giorno ti riesca a toccare
con i colori si può cancellare
il più avvilente e desolante squallore

Son diventato se il tramonto di sera
e parlo come le foglie d'aprile
e vivrò dentro ad ogni voce sincera
e con gli uccelli vivo il canto sottile
e il mio discorso più bello e più denso
esprime con il silenzio il suo senso

Io quante cose non avevo capito
che sono chiare come stelle cadenti
e devo dirti che è un piacere infinito
portare queste mie valige pesanti

Mi manchi tanto amico caro davvero
e tante cose son rimaste da dire
ascolta sempre e solo musica vera
e cerca sempre se puoi di capire

Son diventato se il tramonto di sera
e parlo come le foglie d'aprile
e vivrò dentro ad ogni voce sincera
e con gli uccelli vivo il canto sottile
e il mio discorso più bello e più denso
esprime con il silenzio il suo senso

Mi manchi tanto amico caro davvero
e tante cose son rimaste da dire
ascolta sempre e solo musica vera
e cerca sempre se puoi di capire
ascolta sempre e solo musica vera
e cerca sempre se puoi di capire"