27. sept., 2012

Et si on parlait d'avenir ?

J’écoute, je vois, j’ai plus envie de rire.

On peut légitimement être effrayé par ce monde où l’obscurantisme s’étend aussi rapidement que fond la glace des pôles. Ne pensez pas que je n’évoque que l’obscurantisme religieux, nos sociétés ultra-libérales sont tout aussi orthodoxes et meurtrières.

D’un côté, si proche, les révolutions de printemps se transforment en étés islamiques, de l’autre, un occident qui attise le feu. Il est plus facile et plus confortable de penser que la source de nos problèmes est exclusivement la faute de l’autre. Mais est-ce que cela n’est pas un peu simpliste ?

Cet « autre » d’en face, que nous bafouons en donneurs de leçons que nous sommes du soi-disant axe du bien. L’occident a  la mémoire courte, et a vite oublié la guerre d’Irak fomentée par les Etats Unis et leurs alliés au principe qu’ils détenaient des armes de destructions massives dont toutes les commissions d’enquêtes ont démontré l’inexistence. Souvenez-vous, il fallait surtout aux Etats-Unis un bouc émissaire après le 11 septembre, une réponse au mal par le mal de « l’axe du bien ».

Et nous, nous pensons qu’un truc aussi énorme que cette guerre --entre autres--, n’aurait aucun effet rebond ?

Cette image de menteurs, que nous avons forgé, n’a t-elle pas salie nos droits de l’homme que nous étions censé porter ?

Et tous ces tyrans, au Maghreb, au moyen Orient et en Afrique que nous avons mis en place au fil du temps, pour servir d’abord nos intérêts, que nous avons toléré au mépris des populations locales opprimées, avec qui nous avons jour après jour, cyniquement commercé, et qu’ensuite, nous avons défaits, oubliant les réceptions et les ronds de jambes passés, ne vous demandez-vous pas à qui a profité le crime ?

Cérémonie en grande pompe pour Kadhafi dont tous les gouvernements connaissaient les vices et les perversités inhumaines, comme ses ignobles et innombrables meurtres. Monstruosités vite oubliés pour nos seuls intérêts commerciaux, puis rappelés à nos esprits pour justifier sa mise à mort, pas très logique tout ça…

Mais que pensez vous que pensent les peuples de ces pays qui nous observent ? Populations qui regardent cet occident dépravé, qui n’a plus comme religion que l’argent, et qui ose cyniquement se servir d’idéaux aussi magnifiques que ses droits de l’homme pour aller à la conquête commerciale ou militaire, bafouant par là même, ces principes qui fondaient leurs nations.

Que pensez-vous qu’ils imaginent ces braves types de l’autre rive de la méditerranée ? Croyez-vous à l’image de l’islamophobe crétin, qu’ils sont nécessairement tous pourris ou idiots et l’unique source de nos problèmes ?

Ne devrions nous pas entamer enfin notre examen de conscience, plutôt que de rejeter en bloc la faute sur ces « autres », et nous demander, si sérieusement, nous pensons être seuls au monde détenteurs de vérités… Est-il toujours et définitivement trop tard ?

Je n’ose imaginer les conséquences terribles pour la planète si Israël mettait ses menaces d’attaques contre l’Iran à exécution.

Je n’ose imaginer aussi la menace terrible que ferait peser l’Iran d’Ahmadinejad détenteur de l’arme atomique.

Le dilemme est immense, je ne fais pas dans l’angélisme.

Mais le tyran Ahmadinejad n’est pas son peuple.

N’oublions pas que le peuple Iranien rêve d’une autre vie que celle que lui fait mener son tyran et ses ayatollahs. Le peuple Iranien ne rêve pas de guerre mais de liberté. L’Iran est une grande nation qui a une grande histoire.

Rappelez-vous la tentative massive de manifestation de la révolution verte pour se libérer du joug de leur abominable dirigeant qui n’attise qu’à la haine des juifs et des américains.

Mais rappelons nous aussi que l’Iran ce n’est pas la Lybie.

Qu’allons nous faire si Israël entre en guerre, nous allier avec eux et tuer les appelés Iraniens ?

Dans ces régions, du proche et du moyen Orient, où les pouvoirs sont en train de changer, la situation est d’une instabilité totale.

Pensez que l’Egypte, à la frontière d’Israël, vient de passer aux mains des religieux, le risque est grand qu’elle s’allie à l’Iran en cas de conflit.

En même temps, la Syrie est en proie à la guerre civile soutenue par le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Ici en France, nous sommes du côté de la rébellion sans réellement comprendre le bien fondé de notre soutien.   Qui peut dire que nous sommes parfaitement informé, que les rebelles sont le  camp à soutenir, la France peut-être ? Mais notre pays recevait Bachar el-Assad il y a si peu avant la rébellion ! Les journalistes nous inondaient de reportages bienveillants à son endroit, nous expliquant qu’il était la chance et le renouveau de la Syrie. Les magazines regorgeaient de photos de sa famille européanisée. Ainsi, désormais il serait un tueur sanguinaire ? Peut-être, je ne le conteste pas, je suis même prêt à le croire, mais j’ai juste un peu de mal à suivre ces informations contradictoires où j’ai le sentiment d’être légèrement manipulé…

Si vous imaginez que nos gouvernants suivent un chemin cohérent j’ai bien peur que vous vous trompiez. Rappelez vous l’Irak, la Lybie, la Tunisie, l’Egypte. Des gouvernements, que nous soutenions tous avec ardeur, avec qui nous entretenions des échanges fructueux, et que nous avons lâché sans scrupules dès que le vent a tourné.

Dans ces conditions comment donner du crédit à nos politiques étrangères ?

Il y a de quoi être inquiet.  Et sans faire dans le catastrophisme de bon aloi vu le calendrier Maya, il serait bon il me semble de réfléchir et de reconsidérer ces problèmes.

Vous me direz que nous avons nos soucis, la misère, le chômage, les impôts, la relance, l’Europe, etc etc. qui nous occupent bien suffisamment. 

Pourtant tout cela serait bien dérisoire si l’Orient s’enflammait.

Et vu la poudrière sur laquelle ces pays sont posés le risque est plus que réel. Et si on cessait le déni pour une fois… ? Allez juste une fois !

Faire ce bilan, bien trop succinct, un peu simpliste et certainement subjectif, puisqu’il ne trouve sa matière que dans mon observation et un certain bon sens (enfin j’espère), n’est pas aux fins d’adopter une position pessimiste ou jouer à se faire peur.

Bien au contraire, je suis toujours optimiste puisque j’espère que l’on puisse changer encore les choses. Sinon à quoi bon s’en plaindre ? Tout est possible ! Mais encore faudrait-il voir les choses comme elles sont pour pouvoir les changer.

Si les citoyens de notre planète cessaient de se résigner à tout, pensant qu’ils ne peuvent rien ou pas grand chose, et se dressaient contre l’ignorance, la corruption, les injustices, l’avidité, même à titre individuel, et se battaient pour le bien, même dans leur unique périmètre, en comprenant que sauver l’autre, c’est aussi se sauver soi-même, alors peut-être que… ?

Une seule devise me porte et me suit toujours, c’était celle de Teilhard de Chardin, homme d’église qui n’a jamais dissocié la science et la religion, et qui clamait : « Tout est en avant ! » Oui, tout est en avant, et cet avant dépend surtout de nous.