14. sept., 2012

Le Concept de Dieu après Auschwitz

Ce matin on va être un peu sérieux non ?

Le mistral qui s’est levé depuis hier sur Marseille a un effet bénéfique sur la pollution qu’il disperse de sa force de barbare (normal il vient du nord), et, refroidissant l’atmosphère, donne du tonus à nos neurones endormis par trop de chaleur estivale.

L’automne approchant, il est temps peut-être de se réveiller au moment où la nature prépare son sommeil hivernal.

Ainsi, je voudrais m’adresser aux croyants.

A ne pas confondre avec ceux qui ont la foi. La distinction n’est pas facile, j’y reviendrais peut-être plus tard.

Le croyant, soit, celui qui ne remet pas, ou presque pas, en cause les dogmes de sa religion, c’est à lui, surtout, que je pose cette question qui me turlupine depuis des années.

Comment s’accorde t-il avec le concept de Dieu après Auschwitz ?

J’en ai dit quelques mots dans mon livre, mais j’aimerais beaucoup, si un lecteur ou une lectrice se sent profondément croyant, qu’il m’explique, comment il s’accommode d’un Dieu omnipotent, tel qu’Il nous est décrit dans la Bible, qui intervient à tout bout de champs, jusqu’à écarter la mer pour sauver son peuple du joug Egyptien, et qui n’intervient pas pour sauver des millions d’innocents, gazés et tués à Auschwitz ?

Cette question me taraude.

Hans Jonas, philosophe juif Allemand, l’a posée lors d’une conférence tenue en 1984 et retranscrite chez Rivages poche, sous le nom «  Le Concept de Dieu après Auschwitz », en substance il nous dit ceci :

« Pour le juif, qui voit dans l’immanence le lieu de la création, de la justice, de la rédemption divine, Dieu est éminemment le seigneur de l’Histoire, et c’est là « qu’Auschwitz » met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de Dieu. A l’expérience juive de l’Histoire, Auschwitz ajoute en effet un inédit, dont ne sauraient venir à bout les vieilles catégories théologiques. Mais quand on ne veut pas se séparer du concept de Dieu – comme le philosophe lui-même en a le droit-- on est obligé, pour ne pas l’abandonner, de le repenser à neuf et de chercher une réponse, neuve elle aussi, à la vieille et bonne question de Job. Dès lors, on devra certainement donner congé au « seigneur de l’Histoire ». Donc ; quel Dieu a pu laisser faire cela ? »

Hans Jonas

Oui quel Dieu ? La question ne peut-être évitée, surtout si l’on est croyant, que l'on soit juif ou pas. J’ai entendu beaucoup d’explications, dont certaines furent terrifiantes. Et vous, quel est votre avis ?

Si vous voulez en débattre autrement qu’ici, où, comme me le rappelait Marie, peu de mots sont possibles, faites le sur mon mail : remy.elkoubi@neuf.fr

Et pour ceux qui sont intéressés par cette question, n’hésitez pas à vous procurer l’ouvrage de Hans Jonas, son postulat est vraiment passionnant.