28. août, 2012

Marsiho

J'aime Marseille.

Je n'arrive pas à la détester, elle pourtant si souvent haïssable.

Cette chipie.

Chaque fois que je m'en sépare, et que je la retrouve, à peine passé la bute de l'autoroute du littoral après la montée qui nous éloigne de l'horrible Vitrolles alors que l'on entame la descente vers elle, la revoir m'emporte, m'éblouit toujours.

Sous les quartiers nord, l'Estaque, et la mer qui s'étend à l'horizon jusqu'à engloutir le soleil couchant jour après jour derrière les iles du Frioul.

A gauche les docks, le port de commerce, en arrière plan, Notre Dame de la garde censée veiller sur la ville, mais qui lui tourne le dos, ne regardant que la mer et le port toute occupée à ses pêcheurs...

Dès que je retrouve cette vision, cette clarté, je me sens mieux.

Je chérissais la montagne bienfaisante quelques heures avant, et je reprends, de ces retrouvailles, pleinement conscience que les cimes ne me comblent jamais comme cette garce de Marseille.

Elle est trop calme aussi cette montagne, presque étouffante à vouloir être rassurante et apaisante.

Ici c'est la passion, le danger, les tumultes des vagues qui viennent se casser sur la roche blanche torturée. Ici on prend des risques, rien n'est simple, et l'aventure se prolonge vers l'horizon de cette méditerranée dont nous sommes tous les enfants.

Et puis nous l'avons, nous aussi notre montagne, avec Marseilleveyre la majestueuse.

Déraciné, je me sens de tous les endroits que j'aime, les Alpilles, Bologne et tant d'autres lieux que je traverse. Mais c'est ici d'où je suis. Ici où je suis né. Ici où j'aime vivre, et tant pis pour les grincheux qui ne cessent de la dénaturer sans la comprendre. Elle ne s'aborde pas facilement cette vieille peau de 2600 ans, elle est comme ça, elle n'est pas commode mon amoureuse..