21. janv., 2014

un lundi d'hiver des Alpilles au bord du Rhône..

Mes yeux se perdent dans une hystérie d’instantanés voulant tout saisir. Ici des branches entremêlées sur un lit de feuilles mortes mouillées, là une haie de platanes qui part vers l’horizon d’un mas que je ne peux qu’imaginer, devant moi l’herbe pliée sur le talus, plus loin le frémissement du Rhône sous ce ciel nuageux qui n’en finit plus d’effrayer. Je veux tout prendre sans pouvoir me satisfaire de l’image qui ne revêt que partiellement ce que j’avais englouti avec mes yeux et mon coeur. Mais comment pourrais-je retenir ce qui ne m’appartient pas ? L’air frais bat mes joues sous ce ciel d’hiver des Alpilles, je voudrais l’arrêter, arrêter ce temps là dans l’instant. Peut-être le click de l’appareil peut-il garder un moment de cette course effréné du temps compté ? Pas plus qu’avec des mots, je ne puis traduire avec lui tous les détails de l’herbe coupée qui plie vers sa terre, la photo ne me rend ce que je reçois. Arrêter, mais pour partager aussi, hé toi mon frère humain qui ne compte pas le temps, prends un bon coup pour voir, pour contempler avec moi toute cette beauté donnée avant qu’elle ne disparaisse..

Vite, vite, tout est en avant !